Оглавление
- CCCLXX. A MADAME AUGUSTINE DE BERTHOLDI, A VARSOVIE
- CCCLXXI. A M. VICTOR BORIE, A PARIS
- CCCLXXII. A MAURICE SAND, A PARIS
- CCCLXXIII. AU MÊME
- CCCLXXIV. AU MÊME
- CCCLXXV. A M. ARMAND BARBÈS, A BELLE-ISLE EN MER
- CCCLXXVI. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉROME), A PARIS10
- CCCLXXVII. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CCCLXXVIII. A M. VICTOR BORIE, A PARIS
- CCCLXXIX. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CCCLXXX. A M. ARMAND BARBÈS, A BELLE-ISLE EN MER
- CCCLXXXI. AU MÊME
- CCCLXXXII. AU MÊME
- CCCLXXXIII. A M. CHARLES JACQUE, A BARBIZON
- CCCLXXXIV. A M. CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CCCLXXXV. A ÉDOUARD CHARTON, A PARIS
- CCCLXXXVI. A MADAME AUGUSTINE DE BERTHOLDI, A LUNÉVILLE
- CCCLXXXVII. A MAURICE SAND, A PARIS
- CCCLXXXVIII. A MADEMOISELLE LEMOYER DE CHANTEPIE, A ANGERS
- CCCLXXXIX. A M. EUGÈNE LAMBERT, A PARIS
- CCCXC. A M. JULES NÉRAUD, A LA CHÂTRE
- CCCXCI. A M. ERNEST PÉRIGOIS, A LA CHÂTRE
- CCCXCII. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉRÔME), A PARIS
- CCCXCIII. A M. ***
- CCCXCIV. A MADAME ARNOULD PLESSY, A PARIS
- CCCXCV. A LA MÊME
- CCCXCVI. A M. PAULIN LIMAYRAC, A PARIS16
- CCCXCVII. A M. JULES JANIN, A PASSY
- CCCXCVIII. A MADAME ARNOULD-PLESSY, A PARIS
- CCCXCIX. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- CD. A M. PAUL DE SAINT-VICTOR, A PARIS
- CDI. AU MÊME
- CDII. A MADAME AUGUSTINE DE BERTHOLDI, A BRINON-LES-ALLEMANDS, PAR CLAMECY
- CDIII. A MADAME ARNOULD-PLESSY, A PARIS
- CDIV. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDV. A M. CHAULES DUVERNET, A LA CHATRE
- CDVI. A M. ERNEST PÉRIGOIS, A LA CHÂTRE
- CDVII. A M. ADOLPHE JOANNE, A PARIS
- CDVIII. A M. CALAMATTA, A BRUXELLES
- CDIX. A M. VICTOR BORIE, A PARIS
- CDX. A M, CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CDXI. A M
- CDXII. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDXIII. A M. PAUL DE SAINT-VICTOR, A PARIS
- CDXIV. A SA MAJESTÉ L'IMPÉRATRICE EUGÉNIE
- CDXV. A LA MÊME
- CDXVI. A M. CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CDXVII. AU MÊME
- CDXVIII. A SA MAJESTÉ L'IMPÉRATRICE EUGÉNIE
- CDXIX. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JEROME), A PARIS
- CDXX. A M. CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CDXXI. A MAURICE SAND A PARIS
- CDXXII. AU MÊME
- CDXXIII. A M. CHARLES DUVERNET, A NEVERS
- CDXXIV. A M. CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CDXXV. AU MÊME
- CDXXVI. AU MÊME
- CDXXVII. A M. PAUL DE SAINT-VICTOR, A PARIS
- CDXXVIII. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉRÔME)
- CDXXIX. AU MÊME
- CDXXX. A M. ERNEST PÉRIGOIS, A TURIN37
- CDXXXI. AU MÊME
- CDXXXII. AU MÊME
- CDXXXIII. A MADEMOISELLE LEROYET DE CHANTEPIE, A ANGERS
- CDXXXIV. A MAURICE SAND, A PARIS
- CDXXXV. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDXXXVI. A M. FERRI-PISANI, A PARIS
- CDXXXVII. A M. FRÉDÉRIC VILLOT, A PARIS
- CDXXXVIII. AU MÊME
- CDXXXIX. A M. VICTOR BORIE, A PARIS
- CDXL. A M. FERRI-PISANI, A PARIS
- CDXLI. A M. EDOUARD CHARTON, A PARIS
- CDXLII. A MADAME ARNOULD-PLESSY, A PARIS
- CDXLIII. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDXLIV. AU MÊME
- CDXLV. A MADAME ARNOULD-PLESSY, A PARIS
- CDXLVI. A M. OCTAVE FEUILLET, A PARIS
- CDXLVII. AU MÊME
- CDXLVIII. A M. LUDRE-CABILLAUD, AVOUÉ, A LA CHÂTRE
- CDXLIX. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JEROME), A PARIS
- CDL. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- CDLI. A M. CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CDLII. A M. DESPLANCHES
- CDLIII. A M. CHARLES DUVERNET, A NEVERS
- CDLIV. A MAURICE SAND, A PARIS
- CDLV. A M. CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CDLVI. A MADEMOISELLE LEROYER DE CHANTEPIE, A ANGERS
- CDLVII. A MAURICE SAND, A GUILLERY
- CDLVIII. A M. CHARLES-EDMOND, A PARIS
- CDLIX. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON. (JEROME), A PARIS
- CDLX. A M. JULES BOUCOIRAN, RÉDACTEUR EN CHEF DU COURRIER DU GARD, A NÎMES
- CDLXI. A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- CDLXII. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLEON (JEROME), A PARIS
- CDLXIII. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- CDLXIV. M CHARLES PONCY, A TOULON
- CDLXV. A M. ERNEST PÉRIGOIS, A NICE
- CDLXVI. A MADEMOISELLE NANCY FLEURY, A PARIS
- CDLXVII. A M. ET MADAME ERNEST PÉRIGOIS, A NICE
- CDLXVIII. A M. CHARLES DUVERNET, A LA CHÂTRE
- CDLXIX. A M. ET MADAME ERNEST PÉRIGOIS, A NICE
- CDLXX. A M. CHARLES DUVERNET, A NEVERS
- CDLXXI. A M. JULES BOUCOIRAN, A NÎMES
- CDLXXII. A M. CHARLES DUVERNET, A NEVERS
- CDLXXIII. A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- CDLXXIV. A LA MÊME
- CDLXXV. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDLXXVI. A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- CDLXXVII. A MAURICE SAND, A ALGER
- CDLXXVIII. AU MÊME
- CDLXXXIX. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDLXXX. A M. MAURICE SAND, A ALGER
- CDLXXXI. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A GENÈVE
- CDLXXXII. A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- CDLXXXIII. A M. VICTOR BORIE, A PARIS
- CDLXXXIV. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDLXXXV. A M. VICTOR BORIE, A PARIS
- CDLXXXVI. A M. ARMAND BARBES, A LA HAYE
- CDLXXXVII. A MAURICE SAND, A BORD DU JÉROME-NAPOLÉON
- CDLXXXVIII. A M. ADOLPHE JOANNE, A PARIS
- CDLXXXIX. A MAURICE SAND, A BORD DU JÉRÔME-NAPOLÉON
- CDXC. A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- CDXCI. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- CDXCII. A MAURICE SAND, A BORD DU JÉROME-NAPOLÉON
- CDXCIII. A M. VICTOR BORIE, A PARIS
- CDXCIV. A MAURICE SAND, A BORD DU JÉROME-NAPOLÉON
- CDXCV. A M. ARMAND BARBÈS, A LA HAYE
- CDXCVI. A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- CDXCVII. A MAURICE SAND, A BORD DU JÉROME-NAPOLÉON
- CDXCVIII. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- CDXCIX. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS,
- D. AU MÊME
- DI. A M. ARMAND BARBES, A LA HAYE
- DII. A M. CHARLES DUVERNET, A NEVERS
- DIII. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- DIV. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JEROME) A PARIS
- DV. A M. ARMAND BARBÈS, A LA HAYE
- DVI. A MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- DVII. A M. CHARLES DUVERNET, A NEVERS
- DVIII. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLEON (JÉRÔME), A PARIS
- DIX. AU MÊME
- DX. MADAME PAULINE VILLOT, A PARIS
- DXI. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉROME), A PARIS
- DXII. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- DXIII. A MADEMOISELLE LINA CALAMATTA, A MILAN
- DXIV. A M. MARGOLLÉ, A TOULON
- DXV. A M. ARMAND BARBÈS, A LA HAYE
- DXVI. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉROME), A PARIS
- DXVII. A MADAME D'AGOULT, A PARIS
- DXVIII. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉROME), A PARIS
- DXIX. A MADEMOISELLE NANCY FLEURY, A PARIS
- DXX. A MADAME D'AGOULT, A PARIS
- DXXI. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉROME), A PARIS
- DXXII. A M. ÉDOUARD CADOL, A PARIS
- DXXIII. A M. GUSTAVE FLAUBERT, A PARIS
- DXXIV. A M. ÉDOUARD CADOL, A PARIS
- DXXV. AU MÊME
- DXXVI. A M
- DXXVII. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉRÔME), A PARIS
- DXXVIII. A M. EDMOND ABOUT, A PARIS
- DXXIX. A M
- DXXX. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- DXXXI. A M. LEBLOIS, PASTEUR, A STRASBOURG
- DXXXII. A M. JOSEPH DESSAUER, A ISCHL (AUTRICHE)
- DXXXIII. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- DXXXIV. A M. CHARLES PONCY, A TOULON
- DXXXV. A M. ALEXANDRE DUMAS FILS, A PARIS
- DXXXVI. A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉROME) A PARIS
- DXXXVII. AU MÊME
- DXXXVIII. A M. AUGUSTE VACQUERIE, A PARIS
- DXXXIX. A M. ÉMILE AUGIER. A CROISSY
- A M**
- DXL. A M. CHARLES PONCY, A VENISE
- DXLI. A M. EUGÈNE CLERH, A PARIS
DXXIX. A M
Nohant, avril 1863.
Oui, sans doute, monsieur, je me souviens et je lis votre livre. Vous êtes un noble, vaste et généreux esprit. Mon fils partage vos idées; car il s'est fait protestant avec sa femme, et compte élever ses enfants dans la croyance avancée de la Réforme, dont vous êtes un des plus éminents et des plus fervents apôtres. Mais, moi, tout en vous aimant et vous admirant du meilleur de mon âme, je serai de moins en moins chrétienne, je le sens, et, chaque jour, je sens aussi poindre une autre lumière au delà de cet horizon de la vie vers lequel je marche avec une tranquillité toujours croissante.
Jésus n'est pas et ne pouvait pas être le dernier mot de la vérité accordée à l'homme. Vous admettez ingénieusement qu'il a semé une vérité progressive à développer. Mais le croyait-il, lui? Je ne le pense pas. Il était l'homme de son temps, quoique l'homme le plus idéaliste de son temps.
D'ailleurs, est-il le seul à vénérer dans cette époque de renouvellement moral et intellectuel qui s'est appelée le christianisme et qui a été l'oeuvre de plusieurs hommes d'élite et de plusieurs siècles de discussion? Ou, comme M. Renan le croit, Jésus a ignoré les doctrines qui l'entouraient, et, original au suprême degré, il a été une vive et puissante incarnation de la pensée qui planait sur son siècle; ou, comme vous le croyez, monsieur, et comme je penche à le croire avec vous, il a été instruit et il n'est qu'un disciple plus pur et mieux doué que ses maîtres. Il y a une troisième version qui ne me plaît pas et qui a pourtant sa valeur: c'est qu'il n'a jamais existé de Jésus proprement dit, et que sa vie n'est qu'un poème et une légende qui résume plusieurs existences plus ou moins intéressantes, comme son Évangile ne serait qu'un ensemble de versions plus ou moins authentiques d'une même doctrine sujette à mille interprétations. Je crois que vous admettez la possibilité de toutes ces choses; il faut bien l'admettre quand on n'a pas de certitude et de preuve historique incontestable.
Mais vous dites en vous-même: «Qu'importe, après tout, si nous avons sauvé de tous ces naufrages de la réalité historique, une vérité philosophique, une doctrine admirable?» Très bien, je pense comme vous; mais je ne tiens pas à appeler christianisme cette doctrine, qui n'est peut-être pas du tout celle du nommé Jésus, lequel n'a peut-être jamais été crucifié; et je tiens encore moins à m'enthousiasmer pour un personnage légendaire qui n'a pas la réalité de Platon, de Pythagore, d'Aristote et de tous les grands esprits que nous savons avoir vécu eux-mêmes, pensé, parlé, écrit ou souffert en personne.
Remarquez que cette situation apocryphe, ou tout au moins douteuse, du fondateur du christianisme ouvre la porte à des croyances tout à fait contradictoires et que cette doctrine si belle a fait dans le monde autant de mal que de bien, par la raison qu'elle part d'une sorte de mythe. C'est un beau rayon dont le soleil est caché dans les nuages. Platon, Pythagore et les autres fondateurs réels de doctrines ou de méthodes bien définies n'ont jamais fait que du bien. Jésus a apporté l'hypocrisie et la persécution dans la vie humaine et sociale, et cela dure depuis dix-huit cents ans et plus; à l'heure qu'il est, nous sommes plus que jamais persécutés en son nom, privés de liberté et traqués par ses prêtres dans tous les replis de notre existence. Arrière donc le Dieu Jésus! Aimons en philosophe cette charmante figure de roman oriental; mais ne cherchons pas à faire croire à sa divinité ni à sa presque divinité, pas plus qu'à sa réalité humaine. Nous ne savons rien de lui, et nous voici en présence de l'oeuvre collective des apôtres, qui souffre la critique à bien des égards. Libre à nous de choisir la version qui nous plaît le mieux et de rebâtir chacun le temple de la nouvelle Jérusalem selon les besoins de notre coeur, de notre conscience, de notre raison ou de notre idéalisme. Mais n'appelons plus cela une religion; car ce n'en a jamais été une. Ce n'a même pas été une philosophie; c'est un idéal romanesque pour les uns, une grossière superstition pour les autres. La part de la raison ne s'y trouve pas, et la pratique en est aussi élastique, aussi vague que le texte. Ce qui est quelque chose de réel et de fort, c'est le catholicisme. Mais, comme c'est quelque chose d'odieux, je n'en veux pas davantage.
Point d'insulte à Jésus. Il a pu être, et il a dû être grand et bon. Mais cela ne suffit pas à des esprits sérieux pour chercher là toute la lumière et toute la vérité.
La vérité n'a jamais appartenu en propre à un homme, et aucun Dieu n'a daigné nous la formuler. Elle est en nous tous, en quelques-uns plus que dans la masse; mais tous peuvent chercher et trouver la somme de sagesse, de vérité et de vertu qui est l'expression du temps où il vit. L'homme veut tout définir, tout classer, tout nommer; voilà pourquoi il lui plaît d'avoir des messies et des évangiles, mais ces personnifications et ces dogmes lui ont toujours fait pour le moins autant de mal que de bien.
Il serait temps d'avoir des lumières qui ne fussent pas des torches d'incendie.