Ainsi a-t-on pu entendre,... «Infantisme»

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    Manoly
    17 мая 2024

    Ainsi a-t-on pu entendre, lors de la matinale de France Culture du 11 septembre 2020 : « L’action en justice menée par des adolescents australiens contre l’expansion d’une mine de charbon. Huit jeunes, de 13 à 17 ans – qui ne sont pas sans rappeler l’activisme de Greta Thunberg – à l’heure où leur principale préoccupation devrait être la couleur de leur trousse et non celle de leur planète, ces jeunes gens attaquent un projet destiné à être développé dans le sud-est du pays. » Cet humour implique qu’il existe un décalage entre l’action environnementale des plaignants et leur condition d’adolescents, et néglige le fait que la crise climatique représente une menace directe pour leurs vies. Plus préoccupante encore, l’indifférence des auditeurs face à des stéréotypes décrivant les adolescents comme égocentriques et superficiels – obnubilés par la couleur de leurs effets personnels – illustre l’étendue du chemin qu’il nous reste à parcourir. Aujourd’hui, un journaliste peut dénigrer les enfants avec de fortes chances de faire sourire ses auditeurs. Transposer ce commentaire à une discrimination moins tolérée que l’infantisme, par exemple le sexisme, nous aide à mesurer sa violence symbolique. En 2020, le commentaire fictif suivant, s’il avait été émis sur une radio publique, aurait certainement suscité l’indignation des auditeurs : « Huit femmes ont saisi la justice pour inaction contre les violences sexuelles, à l’heure où leur principale préoccupation devrait être la couleur de leur vernis à ongles. » Cela vous paraît choquant ? C’est ce que l’on fait vivre quotidiennement aux enfants et aux adolescents.

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